Millésime 2006
Le millésime 2006 restera le millésime des extrêmes tant les cycles climatiques qui l’ont rythmé ont tour à tour été restrictifs puis excessifs. En effet, le temps sec et chaud des mois de juin et juillet aura fait souffrir la vigne en engendrant notamment coulure et millerandage. Longtemps, le spectre de 2003, si frais (…) dans nos mémoires aura plané au dessus du Chablisien.
Puis, le mois d’août, froid et pluvieux permit tout d’abord de corriger la situation avant de susciter lui-même d’autres craintes tant les précipitations étaient alors importantes. Mais août finit heureusement par s’effacer au profit du soleil de septembre. Ces conditions climatologiques, si particulières, définirent une récolte précoce dès la mi-septembre. Phénomène rare et peut être même unique, les vendanges commencèrent dans Le Chablisien près d’une semaine avant la Côte d’Or. Oui, 2006 restera bel et bien comme le millésime des extrêmes. Or, un vieil adage qui n’est plus à prouver mais qu’il est bon de parfois rappeler, précise que les grands vins s’élaborent dans les années d’équilibre ; lorsque la nature prend soin de la vigne tout au long de son cycle végétatif ; lorsqu’elle ménage les raisins en leur permettant une maturation optimale et progressive.
Et bien 2006 ne serait-il justement pas le millésime susceptible de faire mentir cet adage ?
Bien que né dans des conditions extrêmes, l’équilibre sucre/acidité est réel. Les dégustations laissent aujourd’hui transparaître des fruits croquants. 2006 est tendre, avenant, en particuliers sur les appellations régionales et les Petit Chablis. Des notes de poires, légèrement épicées, agrémentent et complexifient la palette aromatique des Chablis et des Crus dont certaines cuvées sont déjà salivantes et profondes. Mais ces sensations de maturité n’occultent pas des acidités surprenantes et rassurantes par rapport aux analyses et aux prévisions de récolte. Pour autant, il faut garder à l’esprit que les équilibres sont par définition précaires et La Chablisienne a mené un travail précis et rigoureux de dégustation pour bien appréhender les interrogations suscitées par les fermentations malolactiques. Les fermentations ont donc jeté les premières pierres du millésime 2006. Le travail d’élevage sera tout aussi fondamental. Le maître mot sera certainement de révéler et de préserver au maximum la tension et l’énergie des vins pour que le côté tendre de 2006 ne soit pas appréhendé comme une sensation de mollesse. Et cette année encore, La Chablisienne pourra s’appuyer sur une de ses armes les plus précieuses : l’assemblage. Présent sur l’ensemble des terroirs par l’intermédiaire de ses adhérents, explorant chaque facette du Chablisien, cette capacité d’assemblage constitue un atout envié et unique. Permettra –t-il de faire de ce bon millésime un grand millésime ? Rendez vous est pris dans quelques mois...
Millésime 2005
Il est toujours très difficile de figer dans le temps et avec certitude les premières impressions ressentis lors d’un nouveau millésime. 2005, présenté très tôt et unanimement comme un grand millésime tient pourtant aujourd’hui toutes ses ambitieuses promesses.
Les dégustations des baies, puis des moûts avaient très rapidement permis de se projeter sur un millésime d’une très belle maturité, d’autant plus que de nombreuses parcelles présentaient des baies millerandées.
Il n’est donc pas surprenant que les premières dégustations des vins après fermentation alcoolique aient alors laissé transparaître une palette aromatique très mature. Les fruits de chardonnay étaient très présents avec notamment des arômes de fleurs blanches, d’abricot et de pêche de vigne. Les fermentations alcooliques ont eu tendance à présenter des cinétiques relativement lentes. Néanmoins, elles n’ont jamais abouti à des arrêts fermentaires ni même à des arômes négatifs liés à des fermentations languissantes. Au contraire, les levures ne semblaient pas stressées ; elles ont juste adopté une cinétique lente mais régulière qui a permis, dans certains cas, de révéler encore mieux la finesse et la complexité intrinsèque des vins.
Ces profils s’illustrent toujours aujourd’hui dans les vins mais ils ont bien sûr, grâce à l’élevage en cuves puis en bouteilles, gagné en complexité, en subtilité et en caractère. L’acidité est linéaire et salivante. Elle accompagne le vin tout au long de la prise en bouche sans jamais le crisper comme cela pouvait être le cas en 2004 par exemple. Finement iodée et légèrement épicée, les fins de bouches affirment une identité Chablisienne évidente et racée.
Il est toujours très difficile, dangereux et hasardeux de se risquer au jeu des comparaisons. Mais 2005, en intégrant le fait qu’il soit plus hétérogène que 2002 dans sa présentation, devrait néanmoins présenter quelques cuvées se rapprochant si ce n’est plus de ce millésime d’exception.
Millésime 2004
Le millésime 2004 nous aura apporté son lot de peur et d’inquiétude. L’angoisse aura atteint son paroxysme à la fin du mois d’août. En effet, le mauvais temps rencontré au printemps et durant l’été laissait alors présager de grandes difficultés à atteindre des maturités intéressantes. D’autant plus que les charges des vignes s’avéraient importantes.
Heureusement, le mois de Septembre, très généreux, s’est surpassé pour faire oublier ces conditions climatiques pluvieuses. D’ailleurs, à Chablis peut être encore plus qu’ailleurs, ce mois de septembre est souvent décisif et conditionne chaque année en grande partie la réussite d’un millésime. 2004 n’échappe donc pas à la règle. Et si en 2001, septembre avait mis à mal une partie de nos espoirs, cette année, il nous a permis d’obtenir, presque à lui tout seul, des équilibres sucre/acide et un état sanitaire très favorable.
Les vendanges ont ainsi commencé le 29 septembre mais plus de 60 % de la récolte a été rentrée entre le samedi 2 et le jeudi 7 octobre. Les fermentations alcooliques se sont déroulées sans encombre et ont rapidement offert des vins qui présentaient une palette aromatique fruité, allant de l’agrume aux fruits à chaire blanche.
La fermentation malolactique a alors pleinement participé à l’obtention d’équilibre à travers une acidité rafraîchissante qui confère au millésime une identité et un caractère Chablisien très affirmé.
Convaincu depuis toujours de la richesse et des atouts de longs élevages sur lies fines, La Chablisienne est parvenu à pleinement révéler ce millésime classique et noble par excellence.


