Nos millésimes

Première impressions du millésime 2007

Après un hiver très doux, les vignes, soumises aux conditions quasi estivales des mois d’avril et mai, ont rapidement présenté une croissance végétative d'une rare intensité. Au mois de juin, certaines parcelles affichaient des stades physiologiques qui avaient pratiquement un mois d’avance sur les cycles habituellement observés. Précocité, sécheresse, stress hydrique étaient alors dans les esprits de chacun. Mais un été contrarié par le froid et perturbé par de nombreuses précipitations, parfois orageuses, a inexorablement freiné ce développement. Sans compter la grêle qui s'est abattu sur le vignoble à plusieurs reprises.

Cela a fini par susciter de profondes inquiétudes en termes de maturité, puis d’état sanitaire. Et puis septembre est arrivé. On devrait même plus exactement écrire : la magie de septembre a opéré. Elle a installé durablement un soleil magnifique qui, en ne quittant plus les coteaux jusqu’à la mi-octobre, a asséché les vignes et les terres et a réchauffé les cœurs. Et le vent du nord, sec, très précieux pour préserver les états sanitaires, s'est également mis à souffler. Oui, un vent d’optimisme a alors parcouru Chablis. Mais pour autant, tout restait à faire. Il a fallu attendre pour vendanger chaque parcelle à un bon état de maturité. Ainsi, les vendanges se sont étalées sur 3 semaines, fait suffisamment rare à La Chablisienne pour être relevé.

A la fin des fermentations alcooliques, les expressions aromatiques sont marquées par les arômes de pamplemousse, d’ananas, mais aussi de poire. Conjointement, les fermentations malolactiques ont permis de bien assouplir la perception acide.

Le millésime 2007 devrait incarner le retour à un équilibre très classique des vins de Chablis, alliant pureté, finesse et tension minérale. Commence pour nous le long et patient travail d’élevage…

Millésime 2006

Le millésime 2006 restera le millésime des extrêmes, tant les cycles climatiques qui l’ont rythmé ont tour à tour été restrictifs puis excessifs.

En effet, le temps sec et chaud des mois de juin et juillet aura fait souffrir la vigne, ce qui a engendré notamment coulure et millerandage. Longtemps, le spectre de l'année 2003 (si frais dans nos mémoires) aura plané au-dessus du Chablisien. Mais le scénario de la sécheresse a vite été écarté. Le mois d’août, froid et pluvieux, a permis tout d’abord de corriger la situation avant de susciter lui-même d’autres craintes, tant les précipitations étaient importantes. Mais août a laissé place au soleil de septembre…

Ces conditions climatologiques si particulières ont provoqué une récolte précoce (dès la mi-septembre). Phénomène rare et peut-être même unique, les vendanges commencèrent dans le Chablisien près d’une semaine avant celles de la Côte d’Or.

Bien que né dans des conditions extrêmes, l’équilibre sucre/acidité est réel sur le millésime 2006.

Les premières dégustations ont laissé transparaître des fruits croquants. 2006 est apparu tendre, avenant, en particulier sur les Petit Chablis. Les Chablis et les Crus ont présenté des notes de poires, légèrement épicées, agrémentant et complexifiant leur palette aromatique déjà salivante et profonde. Le travail d’élevage a été fondamental. Il a permis de révéler et de préserver au maximum la tension et l’énergie des vins pour que le côté tendre de 2006 ne soit pas appréhendé comme une sensation de mollesse. Et cette année encore, La Chablisienne a pu s’appuyer sur une de ses armes les plus précieuses : l’assemblage. Présent sur l’ensemble des terroirs par l’intermédiaire de ses adhérents, explorant chaque facette du Chablisien, cette capacité d’assemblage constitue un atout envié et unique. Nous l'avons encore une fois prouvé !

Millésime 2005

Il est toujours très difficile de figer dans le temps et avec certitude les premières impressions ressentis lors d’un nouveau millésime. 2005, présenté très tôt et unanimement comme un grand millésime tient pourtant aujourd’hui toutes ses ambitieuses promesses.
Les dégustations des baies, puis des moûts avaient très rapidement permis de se projeter sur un millésime d’une très belle maturité, d’autant plus que de nombreuses parcelles présentaient des baies millerandées.
Il n’est donc pas surprenant que les premières dégustations des vins après fermentation alcoolique aient alors laissé transparaître une palette aromatique très mature. Les fruits de chardonnay étaient très présents avec notamment des arômes de fleurs blanches, d’abricot et de pêche de vigne. Les fermentations alcooliques ont eu tendance à présenter des cinétiques relativement lentes. Néanmoins, elles n’ont jamais abouti  à des arrêts fermentaires ni même à des arômes négatifs liés à des fermentations languissantes. Au contraire, les levures ne semblaient pas stressées ; elles ont juste adopté une cinétique lente mais régulière qui a permis, dans certains cas, de révéler encore mieux la finesse et la complexité intrinsèque des vins.
Ces profils s’illustrent toujours aujourd’hui dans les vins mais ils ont bien sûr, grâce à l’élevage en cuves puis en bouteilles, gagné en complexité, en subtilité et en caractère.   L’acidité est  linéaire et salivante. Elle accompagne le vin tout au long de la prise en bouche sans jamais le crisper comme cela pouvait être le cas en 2004 par exemple. Finement iodée et légèrement épicée, les fins de bouches affirment une identité Chablisienne évidente et racée.
Il est toujours très difficile, dangereux et hasardeux de se risquer au jeu des comparaisons. Mais 2005, en intégrant le fait qu’il soit plus hétérogène que 2002 dans sa présentation,  devrait néanmoins présenter quelques cuvées se rapprochant si ce n’est plus de ce millésime d’exception.

 

Millésime 2004

Le millésime 2004 nous aura apporté son lot de peur et d’inquiétude. L’angoisse aura atteint son paroxysme à la fin du mois d’août. En effet, le mauvais temps rencontré au printemps et durant l’été laissait alors présager de grandes difficultés à atteindre des maturités intéressantes. D’autant plus que les charges des vignes s’avéraient importantes.
Heureusement, le mois de Septembre, très généreux, s’est surpassé pour faire oublier ces conditions climatiques pluvieuses. D’ailleurs, à Chablis peut être encore plus qu’ailleurs, ce mois de septembre est souvent décisif et conditionne chaque année en grande partie la réussite d’un millésime. 2004 n’échappe donc pas à la règle. Et si en 2001, septembre avait mis à mal une partie de nos espoirs, cette année, il nous a permis d’obtenir, presque à lui tout seul, des équilibres sucre/acide et un état sanitaire très favorable.
Les vendanges ont ainsi commencé le 29 septembre mais plus de 60 % de la récolte a été rentrée entre le samedi 2 et le jeudi 7 octobre. Les fermentations alcooliques se sont déroulées sans encombre et ont rapidement offert  des vins qui présentaient une palette aromatique fruité, allant de l’agrume aux fruits à chaire blanche.
La fermentation malolactique a alors pleinement participé à l’obtention d’équilibre à travers une acidité rafraîchissante  qui confère au millésime une identité et un caractère Chablisien très affirmé.
Convaincu depuis toujours de la richesse et des atouts de longs élevages sur lies fines, La Chablisienne est parvenu à pleinement révéler ce millésime classique et noble par excellence.