L'esprit Chablis

La minéralité est l’essence même du Chablis, et de son style. Elle exprime selon nous une sensation « en profondeur » témoignant de la complexité et de la densité du vin.

La notion de minéralité du vin est difficile à cerner. Elle associe, il est vrai, des sensations olfactives (arômes de pierre à fusil), gustatives (fraîcheur) et  de texture (vin cristallin). Inhérente à notre terroir kimméridgien, cette sensation minérale fait partie intégrante  de nos vins. Elle exprime des émotions, et un style, qui se dévoilent petit à petit, gorgée après gorgée. Minéralités, sensations, émotions… Donnons la parole au vinficateur de La Chablisienne, David Delaye, qui s’attache à définir la minéralité au plus proche de son expérience de dégustateur :


« La minéralité peut recouvrir des sensations tellement différentes les unes des autres qu'il est presque impossible de la cerner. A l'intérieur même du vignoble de Chablis, la minéralité peut s'exprimer sous de multiples facettes…
On peut néanmoins s'essayer à l'exercice en dégageant très arbitrairement deux axes :
• Les arômes minéraux. C'est de loin l'approche la plus facile à intégrer et c'est d'ailleurs souvent la seule proposée. On parle d'arômes minéraux en citant : la pierre à fusil, le silex, l'iode, la craie, les huîtres, les coquillages… Plus imagées, les premières grosses gouttes de pluies qui surviennent juste avant un orage lors d'une journée d'été chaude et sèche expriment, selon moi, à merveille ce qu'est la minéralité.
• Mais il ne faut surtout pas la réduire à cette seule approche. Et encore moins à l'acidité. Il faut également entrevoir la minéralité comme une sensation tactile qui structure le vin en bouche et lui confère race et caractère. A La Chablisienne, nous utilisons souvent, à cet égard, les termes de tension, d'énergie. La minéralité renvoie alors aussi à une certaine forme de pureté, à une vision cristalline du vin.

On se rend compte très vite que ce deuxième axe est beaucoup plus difficile à traduire verbalement. Les impressions, les perceptions et  le subjectif s'imposent et conduisent souvent les dégustateurs à imager leurs sensations. Un exemple, issu de la dégustation d’un Chablis Premier Cru Vaulorent 2002 : ce vin présente une dynamique ascendante avec une minéralité plus aérienne, presque “embrun” qui lui donne beaucoup d'énergie…Elle est très iodée et elle s'exprime surtout en bouche avec une sensation presque salée qui rend la fin de bouche très salivante. »