Le songe d'une nuit d'été

Quand je pense au Chablis, la soif m'envahit. Alors je ferme les yeux et j'imagine une bouteille ventrue avec sa signature dorée, tarabiscotée, aussi ronde et généreuse que la Bourgogne elle-même. Je vois la buée fraîche qui perle sur les parois du verre, la couleur dorée et brillante de ce vin, dont j'essaie de saisir les plus subtils reflets verts, qui sont au Chablis ce que les plumes sont au paon : un moyen de se distinguer des autres oiseaux ou une façon de les éblouir ?

Peter Schwarz